On me demande souvent quel artiste peintre marocain suivre en ce moment. La réponse honnête : il n'y en a pas un, il y en a des dizaines, et les plus intéressants ne sont pas toujours ceux qu'on voit passer dans les ventes aux enchères.
La peinture marocaine s'est construite en un siècle à peine. Ben Ali R'bati peint ses premières scènes de Tanger au début du XXe siècle, Chaïbia Talal impose son art brut dans les années 60, et l'École de Casablanca (Belkahia, Melehi, Chebaa) fait entrer le Maroc dans l'abstraction moderne. Aujourd'hui, cette histoire continue dans les ateliers de Salé, de Casablanca, d'Oujda ou d'Essaouira. C'est cette génération que nous défendons chez Artisthick, avec des œuvres originales certifiées, livrées partout au Maroc.
Ce guide présente les 28 artistes de la maison, classés par famille de style. Chaque nom renvoie vers sa page complète, avec biographie et œuvres disponibles.
Les abstraits et les expressionnistes
L'abstraction est probablement la famille la plus forte de la galerie. Et elle a un chef de file évident.
Ahmed Belmkadem (1953-2022), peintre de Casablanca, est une figure de l'abstraction et de l'expressionnisme marocains. Gestuelle expressive, travail intense de la couleur et de la matière : la presse culturelle marocaine l'a salué et son œuvre a circulé jusqu'à New York et Dubaï. L'artiste est aujourd'hui disparu, son corpus est clos, et chaque toile signée devient rare. Nous en présentons une trentaine, ce qui est exceptionnel. Fouad Guerragh travaille dans la région Rabat-Salé-Kénitra, à l'acrylique et à l'huile. Son abstraction contemporaine joue sur des formes organiques et solaires, dans la lignée des grands abstraits marocains modernes. Ses compositions aux signes berbères se repèrent au premier coup d'œil. Ahmed Rmili (né en 1938) appartient à la génération qui précède l'École de Casablanca. Formé aux Beaux-Arts de Casablanca de 1959 à 1961, il a exposé à Casablanca dès 1960, puis à Saint-Tropez en 1980 et à Bruxelles en 1982. Son langage croise abstraction colorée et figuration patrimoniale, et il est présent en marché secondaire à la CMOOA, aux côtés de Cherkaoui, Gharbaoui, Belkahia et Melehi. Mustapha Farhi (né en 1966 à Zaouiat Echeikh) est plasticien et comédien. Son travail fait dialoguer le zellige marocain et l'art contemporain. Sa grande acrylique « Pont d'art » (80 x 80 cm) en est l'illustration en galerie. Yassine El Harrachi vient de la philosophie de l'esthétique, et ça se sent. « Je ne peins pas ce que l'œil voit, mais ce que la conscience perçoit », dit-il. Deux huiles en galerie : un portrait, « Ombre féminine », et une nature morte, « Le Temps sur la Table ». Laty Ramer est passé par l'Académie des Beaux-Arts de Verviers, en Belgique. Peinture intuitive, à l'acrylique et à l'huile, toiles uniques certifiées. Deux abstraits en galerie, dont « Évasion intuitive ». Sarah Bentaleb est présente avec « Tourbillon Doré », une acrylique abstraite de 60 x 80 cm. Sara Lajaiti expose « Harmonie en Couleurs », une huile abstraite de 50 x 50 cm, l'une des œuvres les plus accessibles de la galerie.Les figuratifs, peintres de la vie marocaine
C'est la famille la plus nombreuse. Souks, fantasia, médinas, hammams : ces peintres racontent le Maroc de tous les jours, et le public marocain leur en sait gré. Leur terrain, c'est la collection figuratif.
Mohamed Al Ichati (né en 1984 dans la région de Ouazzane) est formé en arts plastiques à Rabat. Il peint depuis 2005 des mosquées, des portes anciennes, des femmes voilées et des portraits berbères, à l'huile et à l'acrylique. Avec une quarantaine d'œuvres en galerie, dont beaucoup de grandes calligraphies lumineuses, c'est l'un de nos artistes les plus prolifiques. Mohamed Rehmi est connu pour ses cavaliers de fantasia, ses kasbahs ocre et ses musiciens berbères. Huile, acrylique et techniques mixtes, sur toile, papier et carton, à des prix très accessibles. Plus de quarante œuvres disponibles, c'est le corpus le plus fourni de la maison. À ne pas confondre avec Ahmed Rmili, cité plus haut. Noureddine El Haiba (né en 1974 à Salé, où il vit et travaille) est diplômé des Beaux-Arts de Rabat. Il peint les scènes de la vie quotidienne et le folklore local (tbourida, souks, ports, médinas) dans une palette de tons de terre. Exposé à Rabat au Théâtre Mohammed V et à la Galerie Nadira en 2013, il figure dans la collection Imago Mundi de la Fondation Benetton. Abderrahmane Zenati (né en 1943 à Oujda) est peintre, écrivain et poète, entièrement autodidacte. Premier artiste de l'Est marocain à atteindre une reconnaissance nationale et internationale, il expose depuis 1958. Ses cavaliers de fantasia et ses scènes patrimoniales, à l'huile sur bois et sur toile, en font l'un des peintres marocains connus de sa génération. Ahmed Cherrad et Jamal Cherrad sont les fils du peintre Mostafa Cherrad (né en 1951, référencé Artnet). Ahmed poursuit la lignée familiale avec des scènes marocaines en techniques mixtes : souks, ateliers, scènes festives. Jamal s'attache aux lieux de sociabilité populaire, et son corpus en galerie est centré sur le hammam marocain, en format intimiste. Ahmed Lahmer (né en 1972 dans la région d'Essaouira), autodidacte, consacre son travail à deux sujets patrimoniaux : la fantasia (la tbourida, inscrite au Patrimoine immatériel de l'UNESCO en 2021) et l'architecture des mosquées. Acrylique sur toile, formats moyens. Abdeslam Essaihi (né en 1952 à Asilah) est un autodidacte au parcours singulier : licencié en biologie-géologie, illustrateur pour la revue AGORA et la presse marocaine et étrangère, collaborateur de l'écrivain Ahmed Sefrioui. Il expose depuis 1975. A. Laarachi signe en arabe des scènes marocaines traditionnelles, personnages en djellabas et architecture vernaculaire dans une palette terre cuite. Sa signature renvoie probablement à la ville de Larache, au nord du pays. M. Fadili garde un profil discret sur le web, mais son œuvre parle pour lui : une porte bleue abstraite et des barques au port, à l'acrylique sur toile, disponibles avec certificat d'authenticité. Saleh Bakri (à ne pas confondre avec l'acteur palestinien homonyme) peint à l'huile des sujets patrimoniaux marocains : instruments traditionnels, kaftan, scènes de table. Son grand tableau d'instruments de musique est une vraie pièce signature, du genre qu'on achète pour un salon de réception.L'art naïf et la mémoire populaire
L'art naïf marocain a ses maîtres, et ils sont recherchés par les collectionneurs.
Abdelmoumen El Farouj (né en 1963 à Salé) est le fils du couple de peintres Fatima Hassan et Hassan El Farouj. Il authentifie aujourd'hui les œuvres de sa mère pour les maisons de ventes internationales, tout en continuant de peindre la vie traditionnelle marocaine. Près de trente œuvres en galerie, joyeuses et colorées. Mohamed El Hani, natif de la région d'Azemmour, a quitté l'école à 9 ans pour la peinture. Son art naïf, nourri de paysages marocains et d'une atmosphère soufie, a été exposé à El Jadida en 2023 (« Ombres Enluminées ») et référencé par Hespress. Khlafa El Badaoui (1934-2010) est reconnu par l'UNESCO comme l'un des précurseurs de l'art au Maroc. Découvert par des peintres français dans les années 1950, ami de Ben Ali R'bati, de Gharbaoui et de Gaston Mantel, il a peint « Le Maroc Nouveau », œuvre offerte au roi Mohammed V.Les orientalistes et les peintres du patrimoine
Jean Gaston Mantel (1914-1995) est un peintre français, ancien élève des Beaux-Arts de Paris, devenu l'une des figures majeures de la peinture du Maroc au XXe siècle. Professeur de dessin au Lycée Gouraud puis au Lycée Descartes de Rabat, illustrateur du Voyage en Orient de Flaubert en 1949, il est très coté en ventes : de 300 à 30 000 euros, avec un record à 88 000 euros. Abdelali Amayoud peint de petits formats à l'huile : ports, kasbahs, place Jamaa El Fna. Sa carrière est documentée depuis 1993, avec 18 expositions au Maroc, en France, en Allemagne et à l'ambassade des États-Unis à Rabat. Boukhalifi pratique l'huile sur velours, une technique orientaliste exigeante quasiment disparue de la peinture marocaine moderne. Son grand paysage nocturne (120 x 90 cm) en est l'illustration la plus aboutie.Les signatures en cours de documentation
Le marché marocain réserve des surprises : des toiles signées circulent sans que l'artiste soit référencé chez Artnet ou dans les galeries de place. Plutôt que d'inventer des biographies, nous le disons.
Rossy signe cinq pastels sur papier en galerie, entre natures mortes traditionnelles et portraits de femmes berbères. Berdi est l'auteur d'un visage expressionniste aux tons jaunes, acrylique sur carton. Naji présente une nature morte aux citrons, huile sur toile ; plusieurs artistes marocains portent ce nom et l'identification précise reste à confirmer. Ces pages seront enrichies au fil de nos recherches.Comment acheter une œuvre originale d'un peintre marocain
Quatre choses à savoir avant de vous lancer.
D'abord, l'authenticité. Un original est une pièce unique, signée, avec de la matière : chez nous, chaque tableau part avec son certificat d'authenticité qui précise l'artiste, la technique et les dimensions. C'est ce qui distingue une œuvre d'une reproduction imprimée, et c'est ce qui lui donne de la valeur dans le temps.
Ensuite, le budget. Le catalogue complet va de moins de 1 000 DH pour des œuvres sur papier à plus de 20 000 DH pour les grandes signatures. L'essentiel des œuvres se situe entre 1 000 et 6 000 DH. Pour un original d'artiste coté, c'est franchement raisonnable.
Le paiement, lui, ne demande aucune avance : vous commandez en ligne, l'œuvre est emballée et livrée partout au Maroc, et vous payez à la livraison, une fois le tableau entre vos mains.
Enfin, si vous hésitez entre plusieurs styles, commencez par les collections : abstrait pour un intérieur moderne, figuratif pour les scènes marocaines, art naïf pour la couleur, impressionnisme pour les paysages. Et si vous cherchez une œuvre précise (un artiste, un format, un sujet), écrivez-nous, on connaît nos ateliers.
Vous êtes artiste peintre et vous voulez rejoindre la galerie ? La page Exposer explique comment soumettre vos œuvres.