## Jean Gaston Mantel : une figure majeure de la peinture orientaliste tardive au Maroc.
Jean Gaston Mantel (de son nom complet **Jean Alfred Gaston Alphonse Mantel**) est l'un des peintres orientalistes français les plus documentés de la peinture du Maroc au XXᵉ siècle.
Né le **15 septembre 1914 à Amiens** et décédé le **30 mai 1995 dans le 9ᵉ arrondissement de Marseille**, il a passé l'essentiel de sa vie professionnelle au Maroc, d'abord comme lauréat des Beaux-Arts en résidence à la Kasbah des Oudayas de Rabat, puis comme professeur de dessin dans plusieurs lycées français du Royaume, et enfin comme peintre indépendant célébré pour ses scènes de fantasia, ses Moussems et ses Ahouachs
Aucune œuvre de cet artiste n'est disponible pour le moment.
Voir tous les artistesJean-Gaston Mantel, peintre du Maroc (par Michel Berthaud, auteur de la monographie de référence)
Reportage de Michel Berthaud, auteur de la monographie de référence « Les chevauchées fantastiques de Jean-Gaston Mantel » (Croisée des Chemins, Casablanca, 1997). Cette vidéo documente la vie et l'œuvre du peintre français orientaliste, depuis sa formation à l'École des beaux-arts de Paris jusqu'à sa carrière marocaine de plusieurs décennies, en passant par ses commandes pour l'Hilton de Rabat et son illustration du Voyage en Orient de Flaubert.
Jean Gaston Mantel (de son nom complet Jean Alfred Gaston Alphonse Mantel) est un peintre français orientaliste, l'une des figures majeures de la peinture du Maroc au XXᵉ siècle. Né le 15 septembre 1914 à Amiens et décédé le 30 mai 1995 à Marseille (9ᵉ arrondissement), il a passé l'essentiel de sa vie professionnelle au Maroc comme professeur de dessin et peintre indépendant. Sa carrière est documentée sur Wikipedia, Artnet, Artsy, Invaluable, dans la monographie de Michel Berthaud (1997) et sur plusieurs notices d'autorité internationales (VIAF, ISNI, BnF, IdRef, GND, NUKAT).
Selon les expertises de référence (Mr-Expert, Expertisez, Aucties, Invaluable), la cote pour une peinture signée Jean Gaston Mantel se situe entre 300 et 30 000 euros selon le format, le sujet et la période. Les œuvres les plus recherchées et les plus cotées sont les paysages orientalistes et les scènes de fête (fantasias, Moussems, Ahouachs). Le record de vente documenté est de plus de 88 000 euros pour la toile Moussem (1968), adjugée en 2007 par la Compagnie Marocaine des Œuvres et Objets d'Art.
Jean Gaston Mantel a étudié la peinture à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, l'une des plus prestigieuses institutions artistiques européennes. Cette formation classique lui a donné les outils techniques (dessin, anatomie, perspective, composition, peinture à l'huile) qu'il a déployés tout au long de sa carrière. En 1936, il obtient le grand prix de la Société nationale des beaux-arts qui lui permet de séjourner un an au Maroc, ce qui constitue le tournant décisif de sa vie artistique.
Notre commissaire vous présente le catalogue de Mantel selon votre intérieur, votre palette et la période qui vous parle. Visite en présentiel à Rabat ou en visioconférence. Chaque œuvre est livrée signée, encadrée et accompagnée d'un certificat d'authenticité.
Le lien de Mantel avec le Maroc est profond et durable. Il y séjourne d'abord en 1936-1937 grâce à son prix de la Société nationale des beaux-arts, dans un atelier de la Kasbah des Oudayas à Rabat. Il y travaille à Meknès aux côtés de Mattéo Brondy (1866-1944). Il y obtient en 1937 un poste de professeur de dessin au Collège des Orangers de Rabat. Après la Seconde Guerre mondiale, il retourne au Maroc en 1946 et y restera jusqu'à la fin de sa vie professionnelle, occupant des postes au Lycée Gouraud puis au Lycée Descartes de Rabat dans le cadre de la mission française post-indépendance.
L'originalité du langage Mantel ne réside pas tant dans le choix des sujets (assez classiques pour un orientaliste) que dans le point de vue adopté. Mantel utilise systématiquement des perspectives inattendues : surplombant les quartiers, survolant les calèches, ou se postant face aux naseaux des chevaux. Cette gestion de la perspective est sa signature visuelle la plus distinctive. Sa technique combine des grands coups de brosse et une matière dense, dans une palette riche en ocres, terres de Sienne, bleus profonds et blancs lumineux.
Huit axes structurent son langage : les fantasias et cavaliers de Moussem, les Moussems et fêtes religieuses du Maroc, les Ahouachs et danses berbères de l'Atlas, la Kasbah des Oudayas de Rabat (sujet récurrent qu'il observait depuis Salé), les danseuses de l'Atlas, les affiches et iconographie touristique du Maroc, les plages et architectures de Villefranche-sur-Mer (période fin de vie), et plus largement les perspectives inattendues qui sont la signature visuelle de toute son œuvre.
Confier à Mantel l'illustration du Voyage en Orient de Gustave Flaubert (publié par les Éditions nationales en 1949) témoigne de la reconnaissance dont il jouissait dans le milieu éditorial français comme spécialiste reconnu de l'iconographie orientale. Le Voyage en Orient est le récit du voyage de Flaubert en Égypte, Palestine, Syrie, Liban et Anatolie en 1849-1851, texte de référence pour comprendre l'orientalisme littéraire français. Cette commande place Mantel dans une lignée d'illustrateurs orientalistes de prestige.
Mantel a réalisé plusieurs commandes officielles majeures qui témoignent de sa reconnaissance institutionnelle. Les plus emblématiques sont les panneaux décoratifs de plus de dix mètres de long pour l'hôtel Hilton de Rabat, l'un des hôtels de prestige de la capitale marocaine. Il a également réalisé des décorations pour le ministère du Tourisme marocain représentant les fêtes traditionnelles (danseuses de l'Atlas, Moussems, Ahouachs). Enfin, il a été l'auteur de nombreuses affiches pour promouvoir le tourisme marocain, aujourd'hui objets de collection.
Mattéo Brondy (1866-1944) est un peintre orientaliste italo-français installé au Maroc qui a fondé l'association des peintres et sculpteurs français du Maroc. À Meknès, Brondy a travaillé aux côtés de Mantel et a joué un rôle de mentor informel : il lui a transmis non seulement des techniques picturales mais aussi un réseau professionnel et une compréhension fine du Maroc des années 1930. Cette transmission entre générations explique la continuité de la peinture orientaliste française au Maroc du XXᵉ siècle.
La fiche Moroccan Paintings de Khlafa El Badaoui (1934-2010, peintre marocain reconnu UNESCO comme précurseur de l'art au Maroc) mentionne explicitement Gaston Mantel parmi ses amitiés artistiques marocaines, aux côtés de Mohamed Ben Ali R'Bati et Jilali Gharbaoui. Cette amitié documentée éclaire la position singulière de Mantel dans le réseau artistique marocain : peintre français installé au Maroc, il fréquentait également des artistes marocains autochtones, démontrant que la peinture du Maroc dépassait la fracture coloniale entre artistes français et marocains.
À la fin de sa vie, Mantel s'installe à Villefranche-sur-Mer, station de la Côte d'Azur entre Nice et Menton. Cette installation française tardive ouvre une nouvelle période dans son œuvre : il y consacre plusieurs toiles à la plage de Villefranche et à l'église locale. Cette période est, selon les expertises Mr-Expert, la moins connue du grand public car le marché de l'art se concentre principalement sur ses œuvres marocaines beaucoup plus cotées. Pour un collectionneur curieux, les œuvres Villefranche constituent une niche intéressante moins recherchée donc plus accessible en prix.
Cinq vérifications principales. Premièrement, la signature : « Mantel » ou « J. G. Mantel » en bas de la toile, parfois accompagné de la date. Deuxièmement, le médium : huile sur toile, parfois panneau, aquarelles et dessins. Troisièmement, le sujet : doit appartenir au répertoire documenté (fantasia, Moussem, Ahouach, Kasbah, danseuses, Villefranche). Quatrièmement, la provenance : ancienne collection particulière marocaine ou française, achat en vente publique, héritage familial documenté. Cinquièmement, le certificat d'authenticité délivré par la galerie. Toute galerie marocaine sérieuse délivre un certificat mentionnant nom complet, date, médium et dimensions.
La référence biographique majeure est l'ouvrage de Michel Berthaud, « Les chevauchées fantastiques de Jean-Gaston Mantel », publié en 1997 par les éditions Croisée des Chemins à Casablanca (92 pages). Cette monographie, parue deux ans après le décès de l'artiste, constitue la première synthèse biographique et critique de son œuvre. Le titre fait référence aux scènes de fantasia qui constituent l'une des veines les plus importantes du corpus. Michel Berthaud a également produit une vidéo YouTube « Jean-Gaston Mantel, peintre du Maroc » qui complète la monographie écrite.
Pour une première acquisition, plusieurs stratégies sont possibles selon le budget. Pour un budget bas (300 à 2 000 €), un petit format ou une aquarelle, voire une étude des années de jeunesse, permet d'entrer dans le corpus sans engagement majeur. Pour un budget moyen (5 000 à 15 000 €), une huile sur toile de format moyen sur sujet marocain (Kasbah des Oudayas, Moussem, fantasia) est l'option la plus rationnelle. Pour un budget supérieur (20 000 à 90 000 €+), une grande huile sur toile de Moussem ou de fantasia signée et datée des années 1960-1980 est l'option pour un investissement à long terme.
Trois options principales selon le contexte. Un cadre en bois doré classique prolonge la tradition orientaliste française du XIXᵉ siècle, particulièrement adapté aux scènes de fantasia et aux Moussems. Un cadre en bois sombre patiné (noyer, palissandre) dialogue mieux avec un intérieur design ou minimaliste. Un cadre flottant sur châssis nu place l'œuvre en dialogue avec l'art contemporain. Pour les aquarelles et dessins, un sous-verre avec passe-partout ivoire dans un cadre fin en bois clair ou doré est l'option de référence.
Trois facteurs jouent en faveur d'une appréciation durable. Premièrement, son corpus est fini depuis son décès en 1995, ce qui mécaniquement raréfie l'offre disponible. Deuxièmement, sa documentation institutionnelle est forte (Wikipedia, Artnet, Artsy, monographie Berthaud, notices d'autorité internationales), ce qui sécurise la cote. Troisièmement, son ancrage dans la peinture orientaliste tardive du Maroc, segment historique aujourd'hui réévalué par le marché, lui donne une perspective d'appréciation à long terme. Pour autant, l'achat doit d'abord répondre à un coup de cœur esthétique : la valeur émotionnelle d'une œuvre est indépendante de sa cote.
Les sources de référence sont nombreuses : la fiche encyclopédique Wikipedia francophone, les fiches Artnet et Artsy avec résultats de ventes documentés, la fiche Invaluable, les expertises Mr-Expert et Expertisez pour les estimations de cote, la monographie de Michel Berthaud (1997), la vidéo YouTube de Michel Berthaud, les vidéos Expertisez sur la cote, et les notices d'autorité internationales (VIAF, ISNI, BnF, IdRef, GND, NUKAT). Cette densité de documentation institutionnelle fait de Mantel l'un des peintres marocains du XXᵉ siècle les plus traçables sur le marché international.