## Khlafa El Badaoui (1934-2010), précurseur de l'art au Maroc.
Khlafa El Badaoui occupe une place singulière dans l'histoire de la peinture marocaine moderne.
Né en **1934 à Souk Larbâa el Gharb**, dans la région du Gharb au nord-ouest du Maroc, il est aujourd'hui reconnu par l'**UNESCO comme l'un des précurseurs de l'art au Maroc**, distinction rare qui le place dans le cercle restreint des fondateurs reconnus institutionnellement de la peinture marocaine moderne
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Voir tous les artistesLe360.ma : Exposition du grand peintre Hassan El Glaoui (contexte de la peinture marocaine moderne)
Reportage Le360 sur l'exposition consacrée à Hassan El Glaoui (1924-2018), figure majeure de la peinture marocaine moderne contemporaine de Khlafa El Badaoui. Cette vidéo éclaire le contexte historique et institutionnel dans lequel s'inscrit Khlafa : la génération fondatrice de la peinture marocaine post-indépendance, dont les œuvres figuratives documentaires et les fantasias sont les motifs partagés.
Khlafa El Badaoui (1934-2010) est un peintre marocain reconnu par l'UNESCO comme l'un des précurseurs de l'art au Maroc. Né en 1934 à Souk Larbâa el Gharb, devenu berger après la mort précoce de sa mère, il a été découvert par des peintres français installés au Maroc dans les années 1950 (Untellini qui l'a adopté, Sibérose, Paillard). Il s'est éteint le 9 août 2010 à Meknès.
Parmi les distinctions qui ont couronné sa carrière, l'UNESCO l'a reconnu comme l'un des précurseurs de l'art au Maroc. Cette distinction internationale le place dans le cercle des fondateurs institutionnellement reconnus de la peinture marocaine moderne, aux côtés de figures comme Mohamed Ben Ali R'Bati ou Hassan El Glaoui.
« Le Maroc Nouveau » est l'œuvre la plus emblématique de Khlafa El Badaoui. Réalisée à l'approche de l'indépendance, c'est une grande toile d'inspiration nationaliste, décrite par le critique Abderrahmane Benhamza comme « une carte géographique sentimentale, aux couleurs enthousiastes et significatives ». Elle a été offerte au Roi Mohammed V dès son retour d'exil, par l'intermédiaire de Bargach, alors gouverneur de Casablanca. Khlafa fut en conséquence reçu au Palais Royal de Skhirate.
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Figuratif documentaire marocain, héritier de l'école orientaliste mais sans son caractère exotisant. Le critique Abderrahmane Benhamza a écrit : « Khlafa évitait d'exotiser outre mesure, en se situant sous un point de vue purement pictural concernant les couleurs et les scènes, comme le ferait un peintre naïf ». Ses œuvres « ne sont pas des études mais des productions interprétées in situ et travaillées à coups de touches et de tons pris sur le vif ».
Sept axes structurent son langage : les scènes de souk et de marché marocain, la fantasia et les cavaliers traditionnels, les vues de ports atlantiques, les ruelles et architectures de médina, la vie quotidienne marocaine post-indépendance, l'inspiration nationaliste (incarnée par « Le Maroc Nouveau »), et plus largement le documentaire patrimonial.
Khlafa a animé des ateliers de la jeune peinture où trois disciples sont documentés : B. Falaki, Med Laraïchi et Abdallah Fninou. Ce dernier reconnaît être disciple de Khlafa et l'a assisté jusqu'à son dernier souffle. Fninou expose depuis les années 1980 et est lui-même collectionneur (il possède notamment des Cherkaoui et des Gharbaoui).
Khlafa fréquentait plusieurs figures majeures de la peinture marocaine moderne : Mohamed Ben Ali R'Bati (pionnier de la peinture marocaine moderne), Jilali Gharbaoui (fondateur de l'abstraction lyrique marocaine) et Gaston Mantel (peintre français installé au Maroc, figure orientaliste-marocaine du XXᵉ siècle). Ces amitiés attestent de son inscription centrale dans le réseau de la peinture marocaine moderne.
Le corpus Khlafa est aujourd'hui dispersé entre plusieurs lieux. Des œuvres se trouvent en collection aux Émirats Arabes Unis. Beaucoup sont chez des particuliers au Maroc. D'autres sont en possession de l'association des Anciens Élèves de Casablanca, à la salle de la Coupole. Sur le marché, les principales galeries marocaines (VosArtistes, Moroccan Paintings, Art First Galerie sur Facebook, Artisthick) diffusent régulièrement des pièces.
Khlafa travaillait principalement en techniques mixtes (combinaison d'huile, d'acrylique et d'ajouts variés) sur toile ou sur panneau. Les œuvres documentées incluent des formats 83 × 63 cm en mixte sur toile et 70 × 50 cm en mixte sur panneau (datée 1971 dans le corpus VosArtistes). Cette discipline technique mixte donne à ses œuvres une matière dense et travaillée caractéristique.
Après la présentation de « Le Maroc Nouveau » au Roi Mohammed V, Khlafa s'est vu octroyer un poste au ministère de la Jeunesse et des Sports, où il a joué un rôle d'encadrant pendant huit ans. Il a ensuite abandonné le ministère pour ne plus se consacrer qu'à son art. Cet engagement total dans la peinture, après une période de service public, est typique d'une trajectoire d'artiste accompli qui choisit la pleine autonomie créative.
L'authentification d'un Khlafa El Badaoui repose sur trois éléments : la signature de l'artiste, la technique mixte caractéristique (sur toile ou panneau), et la cohérence thématique avec son corpus documenté (scènes de souk, fantasias, vues de port, intérieurs marocains). Toutes les œuvres présentées au catalogue Artisthick sont accompagnées d'un certificat d'authenticité.
Trois logiques convergent. Premièrement, patrimoniale : Khlafa appartient à la génération fondatrice de la peinture marocaine moderne reconnue par l'UNESCO, son corpus est fini depuis 2010 et la rareté ira croissant. Deuxièmement, historique : sa toile « Le Maroc Nouveau » offerte à Mohammed V l'inscrit dans la mémoire culturelle du Maroc indépendant. Troisièmement, transmission : ses disciples (Fninou, Falaki, Laraïchi) sont eux-mêmes aujourd'hui actifs sur le marché, ce qui crée un écosystème vivant autour de son nom.